Opale est né d'une conviction : c’est par l’expérimentation première du geste et de la matière que jaillissent de nouvelles formes, de nouveaux usages et une esthétique inédite.
Le projet procède d'un détournement : prélever un matériau industriel — la bâche de réemploi — pour en révéler les potentiels insoupçonnés par la répétition du geste et la scansion du rivet. Dépouillée de sa rigidité originelle, la bâche s'ordonne en une résille suspendue qui capte et réfracte la lumière. À la manière du minéral opalin, chaque pièce claustra piège et diffuse la lumière, instaurant un dialogue constant entre opacité et transparence, structure et évanescence.
Pensé comme un filtre visuel plutôt qu’une frontière physique, chaque claustra redéfinit la spatialité du lieu d'exposition et de vente. Il rythme le parcours, ménage des zones d'ombre ou d'intimité, tout en maintenant la continuité des perspectives.
À la recherche d'un équilibre entre radicalité poétique et rigueur fonctionnelle, Opale déploie une logique modulaire et réversible : montage instantané, stockage à plat et découpe zéro-déchet s’articulent pour proposer un vocabulaire d'aménagement éco-conscient, conçu pour s'adapter à l'incessante mutation des espaces.
Nolwenn Le Scao conçoit des textiles, des matières et des ennoblissement pour l’architecture et l’industrie. Elle a une approche tridimensionnelle du textile qu’elle envisage comme une matière structurelle, fonctionnelle et porteuse d’émotions. La designer explore, au gré d’hybridations de matières et d’ennoblissements variés, les frontières entre le textile traditionnel et la sculpture. Ce travail exploratoire de la matière lui permet de s’émanciper d’une pratique artisanale pour concevoir des textiles immersifs à des échelles monumentales. Elle définit et conceptualise les différents processus de fabrication d’un textile, depuis l’échantillonnage jusqu’au prototype final, dans une démarche durable et une esthétique affirmée.